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18 Oct

5 raisons de voir... Still walking de Kore-Eda Hirokazu

Publié par Yuko  - Catégories :  #5 raisons de voir...

Still-walking.jpg

DVD - 2009
Réalisateur : Kore-Eda Hirokazu
Film japonais - 1 h 55
Avec Hiroshi Abe, Yoshio Harada et Kirin Kiki


Une journée d'été à Yokohama. Une famille se retrouve pour commémorer la mort tragique du frère aîné, décédé quinze ans plus tôt en tentant de sauver un enfant de la noyade. Rien n'a bougé dans la spacieuse maison des parents, réconfortante comme le festin préparé par la mère pour ses enfants et ses petits-enfants. Mais pourtant, au fil des ans, chacun a imperceptiblement changé... Avec un soupçon d'humour, de chagrin et de mélancolie, Kore-Eda nous donne à voir une famille comme toutes les autres, unie par l'amour, les ressentiments et les secrets.
Résumé Allociné.

5 bonnes raisons de découvrir ce film :

1. Un film sur la figure familiale et ses imperfections. C'est un difficile pari que relève Kore-Eda Hirokazu : celui de raconter la famille, ses failles, ses vérités, ses incompréhensions, en garder le sel fondateur, le terreau primaire sans occulter la particularité  de ses membres, leurs attentes et leurs imperfections. Un pari réussi pour un cinéaste qui atteint ici le sommet de son art, filme l'absence, les non-dits, le patrimoine commun à toutes les familles du monde.
 

Ici, c'est la solidité de la cellule familiale que l'on éprouve, face à la mort, au retour de la vie, à l'évolution de celle-ci. Une histoire universelle et pourtant si personnelle, portée par des comédiens magnifiques de douleur et de dignité. 


La famille est ici filmée comme la structure qui perdure, celle dans laquelle chacun endosse un rôle déterminé, de sa naissance à sa mort, sans jamais réussir à se départir de l'image que l'on nous octroie. Durant les réunions, chacun s'épie, se découvre, se cherche... structure immuable, à la fois rassurante et étouffante, la famille devient ce spectre de permanence fictive qui rassure et angoisse chacun de ses membres.

2. La mort comme ciment domestique. Jamais personne n'aura su filmer avec autant de justesse et de sincérité les absences et les fantômes du passé. Dans le film, toute la structure familiale tourne autour du souvenir idéalisé du défunt. La mort se tient au centre de la structure familiale et ses membres, nécessairement imparfaits, ne demeurent que les meubles fragiles, voués à la mort et à la destruction, d'une maison devenue un caveau à ciel ouvert.

Une image forte que porte sur ses épaules la mère. En teintant son personnage d'une folie douce, Kore-Eda Hirokazu nous montre que si son corps reste parmi les vivants, son esprit a déjà rejoint celui des morts et qu'elle demeure aux côtés de son fils dans l'éternité. Ici, la réunion familiale devient une veillée funéraire, où les mots échangés deviennent d'étranges incantations entre des personnages trop conscients de leur mortalité. L'absent devient central, la vie se suspend aux ailes d'un papillon de nuit, réincarnation imaginaire du défunt pour sa mère, dans une maison vide emplie de souvenirs.

3. La famille comme figure évolutive. Mais au-delà de l'absence et de la mort, le film évoque la figure évolutive de la famille au Japon. Comme pour se libérer du poids que celle-ci impose à ses membres, la famille ne peut survivre sans de nouveaux membres, de nouvelles figures, de nouvelles personnes. A l'image de cette veuve avec enfant qu'a épousé Ryoto, le second fils de la famille, et malgré les réticences des parents et le poids de la famille traditionaliste, le film montre cette nécessaire évolution à laquelle est emmenée toute société pour survivre.

4. Un film poétique et tendre. Outre ses thèmes multiples et forts, le film de Kore-Eda Hirokazu se révèle être un petit bijou poétique, emprunt de nostalgie et de tendresse. Ses personnages, à la fois dignes et forts, incarnent avec perfection l'image du mythe familial. Un film intimiste tout en douceur et sensibilité, où le temps semble suspendu aux incantations des vivants et à leur désir de liberté.

5. Une image magnifique. Pour porter son message, Kore-Eda Hirokazu choisit le classicisme. Une image travaillée en douceur, grâce à des filtres laissant délicatement entrer la lumière, révélant l'éclat des couleurs, la fermeté des formes et la consistance des sentiments.

Vous l'aurez compris, ce film a été pour moi un vrai coup de coeur et je ne peux que vous le recommander chaudement !

 

BANDE ANNONCE

 

Still-Walking1.jpg

Vous aimez ce film, vous aimerez peut-être :

- Nobody knows de Kore-Eda Hirokazu (2003)
- La chambre du fils de Nanni Moretti (2001)
- L'arbre de Julie Bertolucci (2009)
- Sous le sable de François Ozon (2000)

Commenter cet article

dasola 26/10/2012 16:32

Bonjour Yuko, j'ai écrit tout le bien que je pensais de ce film le 07/06/09 http://dasola.canalblog.com/archives/2009/06/07/13767839.html Vraiment superbe. J'ai été un peu moins enthousiaste avec
le film suivant: I wish. Bonne après-midi.

Yuko 26/10/2012 17:16



Je n'ai pas vu "I Wish" mais ai beaucoup aimé "Nobody knows" (un peu moins "air doll" pourtant très poétique)... "Still walking" a été une vraie révélation et un
grand moment de cinéma pour moi, j'avais très envie de le partager avec vous ! Je vais de ce pas lire ta critique ^^



Gagaie 23/10/2012 14:55

La mort d'un être cher n'est jamais facile à aborder...
Je note le titre de ce film, merci pour ton avis éclairé. ^^

Yuko 26/10/2012 16:43



Tu as raison, c'est pourquoi ce film est un petit bijou ! Il suggère avec tendresse et poésie...



valentine 21/10/2012 18:09

Très bon travail ! Tu nous donnes envie d'aller voir ce film.
Bises
Valentine
http://inthestreetofmode.wordpress.com/

Yuko 22/10/2012 10:48



Ravie que ça te plaise Valentine ^^ Ce film est magnifique, je te le conseille vraiment ^^ A bientôt !



mademoiselle mode 18/10/2012 23:10

J'adore ce genre de films :)

New post - Kisses ♥
http://www.mademoisellemode.com/

Yuko 19/10/2012 10:34



Alors tu ne seras pas déçue par celui-ci ^^



Sylvie, enfin moi 18/10/2012 22:46

Je vais t'écouter... avec une critique pareille
Gros bisous ma Yuko

Yuko 19/10/2012 10:33



Je ne peux que t'encourager à découvrir ce film magnifique qui m'a vraiment porté... Bisous ma Sylvie ^^



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