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13 Dec

La présence pure de Christian Bobin

Publié par Yuko  - Catégories :  #Littérature

La-presence-pure.jpg

 

Editions Le temps qu'il fait - 66 pages
Littérature française


Un homme. Une maladie. Un lien entre un père et son fils. Christian Bobin raconte l'absence, la mort, la vie, l'attente... Son père, atteint de la maladie d'alzheimer, ne le reconnait plus tout à fait mais il reconnait la beauté du monde, des arbres et de la vie.
Une plongée dans l'espérance et la beauté du jour, un voyage inattendu vers la présence pure qu'incarne cet arbre visible depuis la chambre du malade...

MON AVIS : 

C'est à travers une écriture toujours dépouillée d'artifices mais d'une grande justesse que Christian Bobin nous invite au voyage intérieur. Un pas vers la maladie mais surtout vers la vie qui s'épanouit derrière l'être atteint. Une présence apaisante, incarnée avec force par l'arbre de vie, symbole tendre et pur de l'immortalité. Un texte bouleversant aux mots résonnants qui nous entraîne et nous porte au-delà de la vie humaine, vers un monde de douceur et d'humanité...

 

 

Voici ma première participation au "CHALLENGE CHRISTIAN BOBIN".
Vous pouvez, si vous le souhaitez, vous inscrire ici

 

Challenge Christian Bobin

Avant d'entrer dans la maison où il est aujourd'hui, mon père a séjourné pendant quelques semaines chez les morts, à l'Hôpital psychiatrique de Sevrey, près de Châlon sur Saône, dans le pavillon "Edelweiss". Les morts n'étaient pas les malades mais les infirmiers qui les abandonnaient pour la journée entière sans aucun soin de parole. Les morts étaient ces gens de bonne santé et de vive jeunesse, répondant à mes questions en invoquant le manque de temps et de personnel, et qui, agacés, finissaient par conclure "de toute façon, vous ne pouvez pas comprendre. Vous êtes dehors et il faut être dedans, du métier, pour avoir la bonne intelligence, l'intelligence légitime." Les morts étaient ces gens murés dans leur surdité professionnelle. Personne ne leur avait appris que soigner c'est aussi dévisager, parler - reconnaître par le regard et la parole la souveraineté intacte de ceux qui ont tout perdu. Si égaré fût-il alors, mon père, montrant du doigt l'unique arbre présent dans la cour intérieure du pavillon - une torsade de bois et de douleur - leur avait par avance répondu : "il suffit de voir cet arbre pour comprendre que rien ne peut vivre ici

"Il connaissait intimement chacune de ses feuilles. A chacune il donnait un nom. Le vent les a jeté sur la terre froide. La neige les a étouffées. Il pense toujours à elles. Il écoute en lui la vibration de leur nom."


"Dans l'ascenseur, je lui pose une question qu'il ne comprend pas. Il fronce les sourcils, cherche une réponse, ne trouve pas, trouve :"Il y a une tombe en moi". Puis il se tait. Il a oublié ce qu'il vient de dire. Il regarde la porte de l'ascenseur, les chiffres qui s'allument au-dessus des boutons."

Commenter cet article

SAB 14/12/2012 21:54

Je n'ai lu que le résumé de cet article car il fait partie de ma liste de livres de Bobin pour ton challenge donc je ne lirai ton avis que lorsque j'aurai fait le mien ;) Nous aurons sûrement
l'occasion d'en reparler. Bisous!

Yuko 17/12/2012 11:21



Oui ! Et j'ai hâte !! Gros bisous ^^



Sylvie, Enfin moi 14/12/2012 08:55

Si j'avais le temps je le ferais avec grand plaisir
Bon WE ma Yuko
Gros bisous

Yuko 14/12/2012 10:33



Je ne te force pas ma Sylvie ^^ Cela doit avant tout rester un plaisir ! Bisous ^^



mademoiselle mode 13/12/2012 19:18

J'adore l'alchimie entre le titre de l'oeuvre et sa couverture épuré.
Un beau livre en perspective

New post - Kisses
http://www.mademoisellemode.com/

Yuko 14/12/2012 10:19



C'est vrai :) Les titres de Christian Bobin sont magiques ("les ruines du ciel", "un assassin blanc comme neige" etc.)



Alex-Mot-à-Mots 13/12/2012 13:08

Je ne l'ai pas lu celui-ci.

Yuko 14/12/2012 10:18



Je te le conseille, il est très poétique ^^



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