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10 Jan

Les avenirs de Hafid Aggoune

Publié par Yuko  - Catégories :  #Littérature

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Editions Farrago - 148 pages

Littérature française

A la clinique psychiatrique de l'île de Luz, un homme sort d'un "coma éveillé" de 60 ans. Ce retour à la réalité, causé par la mort d'un autre pensionnaire qui se rêvait peintre et en accomplissait chaque jour les gestes dans le vide, le rappelle à un sombre passé. Pendant l'Occupation, Pierre Argan a vécu une belle histoire d'amour avec une jeune fille juive qui était peintre, Margot.
Depuis cette date, la vie de Pierre s'est arrêtée sur le quai d'une gare imaginaire.. Dans l'attente du retour inespéré de Margot... Une absence qu'il revit désormais de son réveil jusqu'aux limbes de son passé...

MON AVIS :


Le premier roman de Hafid Aggoune est une réussite. D'abord parce qu'il mélange avec délicatesse douceur de vivre, souvenirs, absence et regrets dans les yeux d'un personnage vieilli, prostré par un passé qu'il n'a su accepté.
Mais également réussit parce qu'il démontre l'ambiguité des souvenirs, leur impact sur les êtres et le lien qui peut être fait entre la vie et la mort, le souvenir et l'immortalité.
Réveillé par la mort de son compagnon d'infortune, peintre de l'invisible, Pierre devient l'incarnation du souvenir, de l'attente expliquée, des avenirs dissipés...
Un roman doux comme l'attente de cet homme sur le quai d'une gare imaginaire, au travers d'une écriture sensible, épurée qui peut néanmoins paraitre lourde à certains endroits par des répétitions, l'utilisation de synonymes juxtaposés et un style écorné.
Un très beau premier roman, à découvrir.

Le temps remuait et s'avançait vers moi. Il était là depuis le début, sur la main du peintre, dans sa main tracée sur l'air, sans matière, flottante.
Quelque chose en moi suivait des couleurs invisibles.
Dans ce silence, c'est la vie qui, de l'infini le plus lointain, s'approchait de moi et, au passage, dérobait à la nuit des lambeaux d'étoiles comme des peaux mortes à la surface du soleil, comme l'amour et la douleur arrachent des copeaux de corps fossilisés par l'érosion durable de la mélancolie.
En secret, une part qui m'était étrangère me guidait vers le point de lumière, au-delà des pierres, la faille qui, un jour, s'ouvrirait pour ne plus se refermer. Au bord de la vie, elle sauvegardait mon dedans disponible à l'éveil.
Jour après jour, année après année, les décennies ont passé et je continuais de disparaître dans l'image du monde. Je m'engouffrais dans un reflet orphelin.
Je m'étais laissé tombé dans l'attente, livré à elle, donné à elle.

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Floria 10/01/2011 13:45


Le mec est super beau :)


Yuko 10/01/2011 15:46



Ca ne peut que te donner envie de découvrir son oeuvre alors ;)



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