5 raisons de voir... La fureur de vivre de Nicholas Ray

DVD - 1955
Réalisateur : Nicholas Ray
Film américain - 1 h 51
Avec James Dean, Natalie Wood et Sal Mineo
Dans l'Amérique des années 50, une bande de jeunes étudiants, s'adonne, pour tromper l'ennui et le mal de vivre, à des jeux dangereux... Qui auront, cette fois, une fin tragique.
Résumé allociné.
5 bonnes raisons de découvrir ce film :
1. La nostalgie des années 50. Si le film se projette dans l'Amérique puritaine des années 50, c'est pour mieux en défaire les cadres et s'amuser de constater avec quelle fragilité elle se délite. Un grain de sable (James Dean) dans une machine parfaitement huilée qui fait de se film la référence des teen movies. Le film revient jusqu'à son dernier plan sur l'image de la famille traditionnelle, protectrice et castratrice. Le film devient alors un réceptacle pour la violence de ses personnages, une sorte de toile de fond répondant aux débordements de leurs âmes.
2. Une jeunesse révoltée. Loin de l'Amérique puritaine révélée par les films de l'époque, La fureur de vivre, est avant tout le reflet d'une jeunesse en crise, qui cherche sa place dans une société tout juste remise de la seconde guerre mondiale, privée et écorchée. Le film remet en cause la stabilité de la cellule familiale et la figure paternelle, ici fragile et écornée. Le film traduit la réaction d'une jeunesse en colère, qui cherche son chemin sans pouvoir s'apparenter à l'existant et qui se construit dans un monde en mouvement.
3. Des personnages forts. Chacun des personnages présentés dans le film connait son lot de déboires et de débordements. Une mère castratrice, un père, devenu une figure terne et soumise, une jeune femme (Natalie Wood) qui recherche l'approbation paternelle sans jamais la trouver, un jeune latino solitaire (Sal Mineo) abandonné à sa solitude et bien sûr la figure de la jeunesse incarnée par James Dean qui n'existe que par la projection qu'en font les autres. Tout à la fois ami, amant et enfant... en quête de soi, entre illusions de l'enfance et résignations de l'âge adulte.
4. Découvrir James Dean dans l'un de ses plus grands films. Avec A l'Est d'Eden d'Elia Kazan et Géant de George Stevens, La fureur de vivre est l'un des seuls films dans lequel James Dean a tourné. Après trois films et à seulement 24 ans, James Dean, jeune rebel au blouson rouge sang, se tue dans un accident de voiture un mois avant la sortie du film en salles.
5. L'interprétation. Mais le film ne serait rien sans l'interprétation qu'en donnent les comédiens - tous les trois disparus dans des circonstances tragiques - et dans l'incroyable sursaut de vie qu'ils donnent à leurs personnages. James Dean, héritier des Actor's studios, abandonne bien vite son rôle surjoué pour laisser entrevoir une fragilité tendre qui lui était propre. Natalie Wood, inoubliable dans La prisonnière du désert, incarne ici la figure enfantine devenue sensualité. Et enfin, Sal Mineo, dont le rôle qu'il a incarné se rapproche le plus de ce qu'il a lui même vécu, sa propre fin rappelant tristement celle qu'il subit dans le film, incarne avec le plus de complexité le rôle d'un homme-enfant dont la relation avec James Dean traduit une sexualité sous-jacente troublante pour les années 50. Un rôle sur mesure pour chacun des protagonistes, devenus les figures incontournables d'une jeunesse révoltée.

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