L'abolition de Robert Badinter

Editions Fayard - 330 pages
Littérature française
" Ce livre est le récit d'une longue lutte contre la peine de mort. Il commence au jour de l'exécution de Claude Buffet et de Roger Bontemps, le 24 novembre 1972, et s'achève avec le vote de l'abolition, le 30 septembre 1981.
Depuis lors, l'abolition s'est étendue à la majorité des Etats dans le monde. Elle est désormais la loi de l'Europe entière. Elle marque un progrès irréversible de l'humanité sur ses peurs, ses angoisses, sa violence".
Robert Badinter.
Ce livre ne retrace pas l'histoire de l'abolition. C'est l'abolition vue au travers des yeux de Badinter, de ses peurs, de ses doutes, de ses colères et de ses attentes... Un témoignage poignant "symbole d'un combat très personnel".
MON AVIS :
De l'avocat au Garde des Sceaux, Robert Badinter a toujours porté en lui d'intenses convictions abolitionnistes... Ayant par trop souvent eu à défendre la vie d'un homme des lames meurtrières de la guillotine, il a incarné toute sa vie, le difficile combat contre la peine de mort. Avocat convaincu et expérimenté, rongé par le remord d'avoir du faire face à la mort d'un homme qui n'a pas tué - Bontemps - puis habité par le feu de la défense pour Patrick Henry... L'homme politique, l'avocat, le citoyen se retrouvent ici réunis pour une seule et même cause : Parvenir à convaincre, défendre, militer, parfois contre l'opinion publique elle-même, du bien fondé de la vie... et de son impossible compatibilité avec cette machine destructrice qu'était la peine de mort avant 1981.
Ce livre, d'une intensité narrative incroyable, aux mots vivants et à l'atmosphère forte, retrace le combat de cet homme, ardent défenseur des droits humains et de celui le plus inaliénable de tous : Le droit à la vie !
Un récit fort, vibrant et magnifique, écrit d'une main de maître et qui, 30 ans après l'abolition de la peine de mort en France, conserve toute sa dramatique actualité...
Voici ma première participation au CHALLENGE JUSTICE !

L'avocat ne mérite pas l'habit de lumière, disaît mon maître, enfant du Sud-Ouest et grand amateur de corridas (que je réprouvais pour ma part). Il est tout au plus bon à porter le deuil de son client. D'ailleurs, il est déjà prêt, dans sa robe noire !" Et il ajoutait en souriant de l'excès du propos : "Tandis que l'avocat général [Le procureur], lui, mérite bien sa robe rouge : elle est couleur de sang.
Cette émergence-là, d'une passion qui n'avait pas sa place dans une enceinte parlementaire, donnait à mes paroles une tonalité singulière. Ce n'était pas un discours ministériel, tant s'en faut. Ce n'était pas non plus une plaidoirie, comme beaucoup le dirent qui ne m'avaient jamais entendu plaider. C'était pour moi une sorte d'ultime appel, au-delà de l'hémicycle, à libérer notre Justice de l'emprise de la mort.
