Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère

Editions Le Livre de poche - 158 pages
Littérature française
Valérie Valère a treize ans quand elle est internée au pavillon des enfants fous d'un grand hôpital parisien. Anorexique, elle décrit dans son journal intime le récit de son séjour. Une vision du monde hospitalier à travers les cris d'une adolescente qui a refusé un jour de survivre. Son récit est l'histoire de sa vie dans cette institution, la compréhension de son désir de mourir et le chemin vers la guérison...
MON AVIS :
Valérie Valère fait ici un bien audacieux pari : celui de nous raconter, avec sa colère personnelle, sa vision d'enfant et ses mots écorchés, sa souffrance et son incompréhension d'un monde qui l'enferme. Jeune adolescente, elle nous confie son dégoût de la vie, sa colère contre ses parents, son aversion contre le monde médical. Un récit parfois brouillon mais incroyablement personnel qui, s'il ne possède pas toujours la forme d'un récit conventionnel ni la fluidité des grands écrits, recèle une profonde colère et une effrayante rancoeur. Un récit souvent difficile qui ne parvient cependant pas à se débarrasser d'un certain sentiment d'ennui conforté par un quotidien souvent répétitif et une plume brouillonne. Une écriture qui aurait mérité davantage de recul pour frapper plus fort et plus juste.

La nuit est là comme un défi et toujours la veilleuse. Je pourrais rester dans cette chambre toute une vie, additionner toutes les périodes que les malades folles du pavillon psychiatrique y ont passées. Est-ce vrai, est-ce vrai qu'ils me laissent sortir ? Non, ce n'est qu'un leurre, ils laissent sortir mon corps, mais moi je reste là, derrière ces murs, dans cette île de folie. Moi, je ne sais pas si je pourrais jamais en sortir. ils emprisonnent mes pensées avec les âmes des fous, accrochées dérisoirement à la tige de leurs clefs.
