Prisonnier au berceau de Christian Bobin

Editions Mercure de France - 100 pages
Littérature française
"J'ai toujours habité deux villes : Le Creusot et la ville qui est au-dessus dans les nuages."
Première phrase d'un livre qui raconte l'enfance, l'attente, la génèse d'un regard sur le monde. L'histoire de l'auteur au travers d'un lieu qui marquera à jamais son écriture.
MON AVIS :
La force de Christian Bobin réside dans de courtes phrases qui résonnent à l'âme comme autant de clochettes des sens. Tantôt nostalgique tantôt admiratif de cette période du monde qu'il a volé à la vie, il raconte son enfance dans une région qui lui reste très chère et qui a marqué pour toujours sa littérature.
Habitué des courtes phrases, il nous livre ici un écrit très intime et vrai sur sa vision du monde et ses attentes d'enfant. Un roman fort et beau, comme une phrase déposée tendrement sur une page. Une image forte du monde, racontée par l'un des plus grands conteurs de notre temps. A découvrir absolument !
Participation au challenge Christian Bobin (ajout le 27 juin 2013)
J'ai été seul pendant deux mille ans - le temps de l'enfance. De cette solitude, personne n'est responsable. Je buvais du silence, je mangeais du ciel bleu. J'attendais. Entre le monde et moi il y avait un rempart sur lequel un ange montait la garde, tenant dans sa main gauche une fleur d'hortensia - une sorte de boule de neige bleue. Peut-on imaginer cela ?
