Seins et oeufs de Mieko Kawakami

Editions Acte Sud - 112 pages
Littérature japonaise
A quarante ans, Makiko est envahie par l’obsession de se faire refaire les seins, une lubie que sa fille de douze ans ne supporte absolument pas. Conflits mère-fille, vertiges de la puberté, les choses prennent un tour très compliqué quand l’adolescente se mure dans le silence.
Les deux femmes décident alors de rejoindre Natsu, soeur de Makiko, dans la mégalopole de Tokyo.
4ème de couverture
MON AVIS :
C'est en alternant le récit de Natsu et le journal intime de l'adolescente muette que Mieko Kawakami explore le quotidien de trois générations de femmes japonaises et découvre leur propre représentation de la féminité. Un tableau féminin peint d'une main de maître pour cette auteure aux mots parfois crus et aux situations cruelles.
Une plongée dans le quotidien féminin japonais, entre superficialité et désirs sous-jacents, modèle familial et tendresse humaine. Un récit, court au phrasé épuré, intimiste et obsessionnel.
Je repense souvent à la dispute que j'ai eue avec maman, pour une bête question d 'argent, pendant laquelle je lui avais répondu par colère : "Pourquoi tu m'as mise au monde d'abord ?" sur le coup j'ai pensé, zut, c'est pas une chose à dire, ça m'a échappé. Elle était fâchée mais elle n'a rien dit, ça m'a laissé un sale goût dans la bouche. C'est à ce moment que j'ai décidé qu'il valait mieux ne plus parler avec maman, d'abord parce que quand on parle ça tourne tout de suite à la dispute, et c'est à moitié ma faute aussi parce que quand j'ouvre la bouche je lui dis des horreurs alors qu'elle est crevée à cause de son travail. Non, pas à moitié, c'est cent pour cent de ma faute. Je voudrais vite devenir adulte pour pouvoir travailler et lui apporter de l'argent. Pour l'instant, puisque je ne peux pas encore, je voudrais être gentille avec elle au moins. Mais même ça, je n'y arrive pas. J'en pleure par moments.
